
Il y a quelque chose de terriblement fascinant et d’extrêmement difficile que d’assister à un concert de Daniel Johnston. Un magnétisme indéniable rattrapé par la réalité de son état.
Daniel Johnston arbore sa guitare, abîmée, désaccordée, pour nous interpréter, seul, un « Lost in my infinite memory » difficilement reconnaissable. Il est si tremblant que sa guitare ne produit presque aucune note. Il semble vouloir en finir au plus vite constatant son incapacité. On ressent une certaine gêne au sein du public néanmoins touché, un léger sentiment d’embarras qui ne se veut pas assumé. On comprend dès lors que la présence du « Beam Orchestra » sur scène avec lui relève plus d’une nécessité que d’une volonté. Au nombre de onze musiciens cette formation offre une fondation sur laquelle Daniel peut se construire, des repères pour qu’il puisse se diriger en lui offrant toute leur puissance.
Daniel Johnston arbore sa guitare, abîmée, désaccordée, pour nous interpréter, seul, un « Lost in my infinite memory » difficilement reconnaissable. Il est si tremblant que sa guitare ne produit presque aucune note. Il semble vouloir en finir au plus vite constatant son incapacité. On ressent une certaine gêne au sein du public néanmoins touché, un léger sentiment d’embarras qui ne se veut pas assumé. On comprend dès lors que la présence du « Beam Orchestra » sur scène avec lui relève plus d’une nécessité que d’une volonté. Au nombre de onze musiciens cette formation offre une fondation sur laquelle Daniel peut se construire, des repères pour qu’il puisse se diriger en lui offrant toute leur puissance.
L’orchestre était présent pour remédier à ses défaillances de mémoires. Cela allant de la ville dans laquelle on se situait (« In whatever town this is ») au titre de l’album produit avec Sparklehorse ( « the album with Sparklehorse, oh what is it called ?! » « Fear yourself » lui souffle-t-on). Dommage pour ses musiciens si attentionnés, Daniel Johnston ira même jusqu’à oublier leur nom. « The orchestra.. I can’t seem to remember their name.. ! Uh ? Oh yes the Beam Orchestra ».
Une présence, que l’on aurait désiré moins ancrée. « One two, one two three four » crie très fort un des musiciens au début de chaque morceau comme un signal, pour que Daniel sache quand commencer à chanter. De par la profusion de tous ces instruments, il faut parfois un certain temps pour reconnaître les chansons. Cela vaut également pour Daniel Johnston qui, 15 secondes environ après l’intro d’un titre purement instrumentale, arrête l’orchestre après que le signal lui ait été donné « Wait, what song is this ?! », ha.
Bien que la présence de l’orchestre dénature un peu les créations de Daniel Johnston, elle permet un concert plus structuré et n’enlève en rien à l’émotion véhiculée. C’est un merveilleux combat auquel on assiste, le malaise du début du concert semble avoir disparu mais reste cependant redouté, ce qui nous confère une dualité de sensation rarement expérimentée lors d’un concert. La magie qui s’opère se mêle à l’appréhension d’un éventuel sentiment de culpabilité. Un « Daniel I love you » masculin s’élève même dans la salle en guise de soutien, auquel il ne sait pas trop comment réagir. Tout gêné il rétorque un « it sounds like someone from Iran » qui reste incompris, mais tant pis, il l’a entendu c’est le principal.
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AD.
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Pour ceux qui ne connaissent pas encore, je vous recommande vivement le film "the Devil and Daniel Johnston" que vous pouvez voir en streaming à cette adresse http://v.youku.com/v_show/id_ca00XMTQwNjYwODg=.html qui retrace bien son histoire. L'art de Daniel Johnston n'a rien de "commun", souffrant d'instabilités mentales, plus précisément de troubles bipolaires, il rentrerait plus facilement dans la catégorie de "l'art brut", selon le terme de Jean Dubuffet. Conscients de cette difficulté à cerner le génie de ces morceaux, et soucieux que le public passe à côté de son talent, de nombreux artistes en ont effectué des reprises pour permettre leur diffusion et l'accès à un plus grand public. Le plus grand "conformisme" de ces artistes (plus de 150!) en facilitant l'écoute. Les styles sont très variés, mais en voici quelques unes.
- Beck "True love will find you in the end" http://www.youtube.com/watch?v=dYKUPb-x-EU
- Beach House "Some things last a long time" http://www.youtube.com/watch?v=MlgkEjrdR9c
- TV on the Radio "Walking the Cow" http://www.youtube.com/watch?v=tb-rudMA32k
- Sparklehorse "My Yoke is Heavy" http://www.deezer.com/fr/#music/result/all/my%20yoke%20is%20heavy
- Quincannon "My favorite darling girl" - http://www.deezer.com/fr/#music/result/all/my%20favorite%20darling%20girl
4 commentaires:
Il a joué quoi ?
bonjour, j'étais au concert de daniel johnston deux jours avant, à paris. j'ai un peu ressenti les mêmes choses, que l'orchestre était indispensable pour certains morceaux, mais qu'il n'avait pas sa place sur d'autres, comme devil town, qui est a cappella à la base. mais quand même, notre daniel à nous était en plus grande forme, il a joué quatre ou trois morceaux seuls, et a tenu pour deux rappels, où il a notamment interprété le ravageur true love will find you in the end.
en tant que fan hard core de daniel, j'ai été vraiment émue par lui durant le concert, son attitude était touchante, il semblait vouloir en finir au plus vite, mais à la fois, il était tellement concentré dans ce qu'il faisait, il semble gêné d'être sur scène, il ne regarde quasiment pas le publique. c'est quand même une petite épreuve de voir un musicien comme ça, à la limite de tomber, tremblant, on a l'impression que la fin est proche, c'est triste.
sinon, bon article!
constance.
Alors.. En ce qui concerne la setlist :
- Lost in my infinite memories.
- Devil Town
- Love enchanted
- Walking the cow.
- Hey Joe
- Fake records of rock n roll
- True love will find you in the end..
Et 2-3 dont je ne me souviens plus trop..
Merci Constance pour tes impressions. C'est sur que l'orchestre, selon moi, nous éloignait pas mal de l'univers de Daniel Johnston. Certaines chansons avaient des aspects très jazzy sur scène alors que pas du tout dans ses versions! A un moment je me suis même senti limite dans une fanfaire ha. De plus, n'ayant pas la voix qui porte, les instruments l'étouffaient un peu! En revanche, je ne sais pas s'il a joué "fake records of rock n roll" à paris aussi, mais là il envoyait vraiment, c'était très rock et ca collait parfaitement! Mais la version de l'album est similaire aussi.
« Wait, what song is this ?! »
Sacré Daniel !
En sortant du concert (paris) j'étais un peu perdu. Je ne savais pas vraiment quoi penser de l'accompagnement, ni du concert en général.
De la maladresse et de l'émotion.
Beau billet en tout cas.
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