mercredi 3 novembre 2010

"He who sings scares away his woes" Cervantes




Saint Cloud centre de rééducation cheer up for patients on Rolling stones "You can't always get what you want" hit.

Petit clip amateur qui a, on l'espère, ensoleillé la journée de certains.

Thanks to Eric Dufaure, Krapou, Blaise de Carvalho, Patrick Dufaure, Valérie Belinga et le docteur (!) pour la musique, tous les patients pour leur partipation, ainsi que Vincent Lindon et Aure Atika pour leur présence!

samedi 23 octobre 2010

Micah P Hinson @ Théatre Marigny



Micah P Hinson est l’auteur d’un livre à paraitre en Novembre en Espagne, sous le titre de « Los Seres Puros » (« les êtres purs »), relatant la transformation d’un homme en enfant. Ce thème lui colle particulièrement bien à la peau, et je ne pense pas que le choix du sujet soit une coïncidence. Micah p hinson possède, dans toutes ses contradictions possibles, les attributs d’une personne âgée et d’un enfant avec toute son audace. Il suffit de le regarder avec son allure de teenager pour lui donner la vingtaine, et de l’écouter avec sa voix sorti tout droit de l’Amérique profonde pour lui en donner soixante. Certains titres de ses chansons semblent être choisis pour refléter les désirs d’un jeune comme tout autre mais auxquels en réalité il n’adhère pas. Lors de la performance du titre « Take off that dress for me » issu de son dernier album, il ne peut s’empêcher de le précéder d’un « That has really nothing to do with how I feel ». Marié depuis 2008, sa femme est au centre de sa vie et de ses concerts.



Il n’est un concert, sans qu’une photo de sa femme soit placardée sur la rosace de sa guitare. Centrée, à la vue de tous, elle dispose d’une place essentielle ; sur la caisse de résonnance elle filtre les sonorités émises par sa guitare, évoquant sans doute l’impact qu’elle a eu sur sa musique, et sur sa personne. « She makes me a better person but does not change me and that is very different” nous confie t-il avant d’entamer un “I Keep having these dreams”, chanson qui lui est chère en ce qu’elle a volé la vedette à la marche nuptiale lors de leur mariage. Cette personne dont on entendait tant parler, nous a même fait l’honneur de venir accompagner Micah p Hinson au chant sur sa chanson « God is Good » en dernière partie de concert ; tentant de se cacher derrière ses épaules recourbées, elle n’était visiblement pas très à l’aise et sa voix était dure à percevoir tant celle de son mari était imposante, mais cela restait émouvant.


Ces références à son quotidien sont récurrents lors de ses concerts, cependant certains aspects différenciaient cette prestation des précédentes.

Le concert se déroulait au théâtre Marigny. J’avais pour habitude de voir Micah P Hinson dans des salles plus modestes. C'est-à-dire que la dernière fois que je l’ai vu, c’était au cours d’un concert très intimiste à la Flèche d’Or le lendemain de la sortie de son dernier album « Micah P Hinson and the pioneer saboteurs ». Quel changement ? Ce changement de décor, nous le devons à Pierre Lescure. A la tête du Théâtre Marigny depuis 2008, ce dernier est un fan invétéré de Micah P Hinson et fait des pieds et des mains pour que son talent soit reconnu. Non seulement le programme-t-il, mais il lui procure également une publicité considérable. En 2 jours, précédant son concert, Micah P Hinson a fait l’objet de 3 articles dans Libération. Plus précisément un article sur lui, (http://next.liberation.fr/culture/01012296134-le-cas-p-hinson), une interview de Pierre Lescure portant sur son amour de cet artiste (http://www.liberation.fr/culture/01012296135-pierre-lescure-fan-n-1), et la chanson 2’s and 3’s issu de son dernier album a été sélectionnée dans la playlist de Libé du 15 Octobre (http://next.liberation.fr/musique/06012529-la-playlist-micah-p-hinson-delano-orchestra), où Pierre Lescure est mentionné comme étant « l’ambassadeur, le porte parole, le fan absolu autoproclamé » de Micah P Hinson, ou encore son plus « fervent défenseur ». Il suffit qu’une personnalité respectée s’intéresse à un artiste pour que ce dernier soit sollicité...au grand bonheur de tous.



Bien que sur le site il était annoncé que Micah P Hinson ferait sa tournée pour son nouvel album principalement en solo, il était ce soir là accompagné d’un orchestre. Peu étonnant, à vrai dire de prime abord puisque les instruments à corde sont omniprésents sur ses albums. Cependant, je n’avais vu Micah P Hinson que seul sur scène jusque présent. Ayant accouché de merveilles antérieurement, et n’ayant jamais été déçue par ses prestations si intenses et épurées, j’appréhendais que l’orchestre noie toute l’émotion qu’il véhiculait en surchargeant les morceaux. Et pourtant, Micah P Hinson a su instaurer un réel équilibre. L’orchestre composé de deux violons, un alto et un violoncelle jouait à la perfection - le chanteur ne cessait de les applaudir et de rappeler « that they are geniuses » - n’hésitant pas à s’effacer pour laisser place à Micah P Hinson seul avec sa guitare pour des morceaux tels que « Digging a grave » ou « We embraced ».




En parlant de ces titres, c’est assez étonnant de constater que sur les dix neuf chansons jouées,seules deux étaient issues de son dernier album. Etrange manière de présenter son nouvel album au public, enfin si l’on considère toujours qu’il s’agit du but d’une tournée ! Cependant, cela n’était vraiment pas dérangeant et même au contraire assez satisfaisant étant donné que certaines chansons du dernier album sont très longues, avec beaucoup de séquences instrumentales et de ce fait, moins accessibles. Deux chansons ont été jouées ce soir là pour la première fois sur scène selon ses dires ; il s’agissait de « Little boys dreams » et « She don’t own me ».


« I will be talking slowly tonight…. Not because you are idiots, but because I am ». Voici comment Micah P hinson a commencé son concert, annonçant la couleur, ha. Audacieux, maniant l’ironie, l’humour noir, il s’engageait dans un réel dialogue avec le public. Il crée une familiarité entre les spectateurs et lui rarement égalé, aussi bien que le public ne semble pas broncher mais plutôt s’amuser de ses nombreux oublis. La deuxième partie du concert a perdu toute structure. Les chansons étaient écourtées, souvent dans de différentes tonalités que l’originale, et surtout mises sur fast forward. Le titre « Don’t leave me know » a été victime d’un oubli d’accords en milieu de chanson, après plusieurs tentatives pour reprendre la chanson ces derniers ont finalement été retrouvés. « We embraced » n’avait ni queue ni tête et ressemblait assez peu à la version de l’album, de nouvelles paroles ont même fait leur entrée, « Seven horses seen » a vécu 6 secondes et n’a malheureusement pas ressuscité.


Mais cela ne posait problème à personne. « This makes no sense, I wrote the song i should remember the key right..? » nous disait-il simulant un air blasé avant de passer à autre chose. Après tout si cela ne pose pas de problème au principal intéressé, personne d’autre n’a raison de s’en soucier.








samedi 15 mai 2010

La Roux @ Olympia.







Son style de musique rather electro-pop avec une touche funky revival des 80's est très différent de ce que j'écoute d'habitude, et pourtant La Roux m'a conquise. Son album éponyme, sorti l'année dernière, a fait son effet et se hisse, selon moi, parmi les meilleurs albums de l'année 2009. L'album contenant presque autant de tubes que de chansons. Un rythme entraînant, puissant et originalement amené, accompagné de synthés plongeant la musique dans un univers plus rétro.
En concert, mis à part sur certaines chansons comme "Fascination" ou "I'm not your toy" (ainsi que les tubes "In for the kill" et "Bulletproof") qui ont vraiment soulevé le public de l'Olympia, l'intérêt n'y était pas particulièrement. C'est à dire, qu'avec un accompagnement de deux synthés et d'une batterie électrique, la puissance présente sur l'album n'était pas, paradoxalement, retrouvée lors du concert. Une bande son était souvent présente en plus des instruments, ce qui freinait un peu l'appréciation du live.
La mise en scène n'était pas particulièrement élaborée, en dépit de son allure androgyne avec ses cheveux roux plaqués et de ses tenues (dorées, avec des épaulettes..).
Ce qui est marquant, c'est la voix de La Roux. Malgré le fait qu'elle s'en soit plainte au début du concert " You might have noticed I'm having problems with my voice but I'll do my best for you", elle était parfaitement claire et, de manière assez étonnante, presqu'identique à celle enregistrée en studio, dans les moindres intonations. C'est là que l'on réalise que sa voix n'a pas subi des milliards de retouches pour arriver à cet effet là. C'est particulièrement marquant lors de l'interprétation de sa bonus track "Saviour" en accoustique lors du concert, qui nous a laissé bluffés.
Il n'est pas évident de s'attaquer à une chanson des Rolling Stones, sans y être comparé et pourtant c'est ce que La Roux a fait avec sa reprise customisée de "Under my thumb" qui marquait par son interprétation, osée, et qui plongeait néanmoins les Stones dans son univers à elle.
A seulement 21 ans, elle se rassure peut-être dans un cadre restreint sans se laisser aller, cependant le talent était indéniablement présent. C'est au bout d'à peine une heure qu'elle quitte la scène (sans même chanter "reflections are my protections" rr). N'ayant qu'un seul album à présenter cela était prévisible.

lundi 19 avril 2010

Daniel Johnston @ Printemps de Bourges










Il y a quelque chose de terriblement fascinant et d’extrêmement difficile que d’assister à un concert de Daniel Johnston. Un magnétisme indéniable rattrapé par la réalité de son état.

Daniel Johnston arbore sa guitare, abîmée, désaccordée, pour nous interpréter, seul, un « Lost in my infinite memory » difficilement reconnaissable. Il est si tremblant que sa guitare ne produit presque aucune note. Il semble vouloir en finir au plus vite constatant son incapacité. On ressent une certaine gêne au sein du public néanmoins touché, un léger sentiment d’embarras qui ne se veut pas assumé. On comprend dès lors que la présence du « Beam Orchestra » sur scène avec lui relève plus d’une nécessité que d’une volonté. Au nombre de onze musiciens cette formation offre une fondation sur laquelle Daniel peut se construire, des repères pour qu’il puisse se diriger en lui offrant toute leur puissance.
L’orchestre était présent pour remédier à ses défaillances de mémoires. Cela allant de la ville dans laquelle on se situait (« In whatever town this is ») au titre de l’album produit avec Sparklehorse ( « the album with Sparklehorse, oh what is it called ?! » « Fear yourself » lui souffle-t-on). Dommage pour ses musiciens si attentionnés, Daniel Johnston ira même jusqu’à oublier leur nom. « The orchestra.. I can’t seem to remember their name.. ! Uh ? Oh yes the Beam Orchestra ».
Une présence, que l’on aurait désiré moins ancrée. « One two, one two three four » crie très fort un des musiciens au début de chaque morceau comme un signal, pour que Daniel sache quand commencer à chanter. De par la profusion de tous ces instruments, il faut parfois un certain temps pour reconnaître les chansons. Cela vaut également pour Daniel Johnston qui, 15 secondes environ après l’intro d’un titre purement instrumentale, arrête l’orchestre après que le signal lui ait été donné « Wait, what song is this ?! », ha.

Bien que la présence de l’orchestre dénature un peu les créations de Daniel Johnston, elle permet un concert plus structuré et n’enlève en rien à l’émotion véhiculée. C’est un merveilleux combat auquel on assiste, le malaise du début du concert semble avoir disparu mais reste cependant redouté, ce qui nous confère une dualité de sensation rarement expérimentée lors d’un concert. La magie qui s’opère se mêle à l’appréhension d’un éventuel sentiment de culpabilité. Un « Daniel I love you » masculin s’élève même dans la salle en guise de soutien, auquel il ne sait pas trop comment réagir. Tout gêné il rétorque un « it sounds like someone from Iran » qui reste incompris, mais tant pis, il l’a entendu c’est le principal.
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AD.
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Pour ceux qui ne connaissent pas encore, je vous recommande vivement le film "the Devil and Daniel Johnston" que vous pouvez voir en streaming à cette adresse http://v.youku.com/v_show/id_ca00XMTQwNjYwODg=.html qui retrace bien son histoire. L'art de Daniel Johnston n'a rien de "commun", souffrant d'instabilités mentales, plus précisément de troubles bipolaires, il rentrerait plus facilement dans la catégorie de "l'art brut", selon le terme de Jean Dubuffet. Conscients de cette difficulté à cerner le génie de ces morceaux, et soucieux que le public passe à côté de son talent, de nombreux artistes en ont effectué des reprises pour permettre leur diffusion et l'accès à un plus grand public. Le plus grand "conformisme" de ces artistes (plus de 150!) en facilitant l'écoute. Les styles sont très variés, mais en voici quelques unes.
- Beck "True love will find you in the end" http://www.youtube.com/watch?v=dYKUPb-x-EU
- Beach House "Some things last a long time" http://www.youtube.com/watch?v=MlgkEjrdR9c
- TV on the Radio "Walking the Cow" http://www.youtube.com/watch?v=tb-rudMA32k

jeudi 11 mars 2010

Panda Bear @ Cabaret Sauvage






Noah Noah, tu es un génie musical mais là tu m’as tuée. Va falloir revoir tes social skills.
Je ne sais pas ce que c’était, mais certainement pas un concert... Un nouveau concept peut-être ? Panda Bear était tellement impliqué dans sa musique qu’il en oubliait le public face à lui. Seul au monde, il nous faisait part de ses propres expériences, puisant dans des sonorités des plus psychédéliques, caché derrière ses machines et sa guitare électrique. C’était intéressant, certes, suscitait de la curiosité, à la rigueur, mais on ne peut pas dire que c’était très stimulant.. Son album Tomboy sort le 10 Septembre prochain, je pense qu’il va falloir trouver une alternative pour promouvoir l’album.

dimanche 7 mars 2010

Les 25ème Victoires de la musique











« On va aux victoires ce soir ? Ah… ».
Les Victoires n’ont jamais été la soirée la plus funky. C’est toujours très/trop long et la sélection, très « frenchy », laisse parfois à désirer. Ce prix est resté, comme bloqué dans le passé, avec par exemple une distinction qui persiste toujours entre les interprètes masculins/féminins de l’année. La liste des nominés hier soir ne m’enthousiasmait pas tant que ça. C’est les 25 ans des Victoires ? Bon allez d’accord, on y va quand même.
Présidé par Charles Aznavour, ce 25ème anniversaire n’a pas été très mis en avant. C'est-à-dire que seules quelques vidéos relatant les moments forts des années précédentes nous le rappelaient.
Ce n’est pas pour autant que cette soirée n’était parsemée de moments forts. Hop, on ouvre cette 25ème cérémonie des victoires avec un hommage à Michael Jackson par une poignée d’artistes. A ma plus grande surprise la formation General Elektriks (le déhanché du bassiste étant reconnaissable parmi des milliards), M, Charlotte Gainsbourg qui nous a fait un Billy Jean plus parlé que réellement chanté, ainsi qu’Amadou et Mariam. Tiens, cette cérémonie sera peut-être plus actuelle que ce que je pensais. Cependant, l’enthousiasme redescend bien vite avec l’enchaînement des prestations des nominés dans la catégorie « Chanson Originale de l’année » : Helmut Fritz, Benjamin Biolay, Cœur de Pirate & Calogéro. Ah. C’était le prix le plus attendu, en ce que celui-ci était décerné par le public, et n’a été révélé qu’en toute fin de soirée. Beaucoup de suspense pour peu au final ; Cœur de Pirate remporte le prix de chanson originale de l’année. Super, on se la tape deux fois du coup. Le medley des chansons de Charles Aznavour pas génial non plus, interprété par des artistes inconnus issus de télé réalité (mis à part Maurane et Biolay), tous de noir vêtus (non non il n’est pas encore mort), le talent d’Aznavour tout de même reconnu par le public avec deux standing ovations.
Mais Aznavour n’est pas le seul à avoir été ovationné. Et rien que pour ce moment, la soirée valait indéniablement le coup : la prestation de Stevie Wonder. Orné de sa médaille reçue le jour même par Frédéric Mitterrand, il nous a offert un réel spectacle, déchaînant tout le public.
Avec un medley de ses plus grands tubes, il a fait l’unanimité. L’ensemble du Zénith s’est levé pour danser au rythme de ses chansons, et cela était bel et bien le moment fort de la soirée. Il finit sa prestation par une touche d’humour ; ayant le prix entre ces mains « wow, let me see this » nous dit-il en enlevant ses lunettes noires.
Bien que la grande majorité des artistes m’ont tout de même laissé insensible, notamment ceux qui sont sortis les plus récompensés, avec deux Victoires : Olivia Ruiz (Artiste interprète féminine, Vidéo-Clip), Benjamin Biolay (Artiste interprète masculin, album de l’année), Izia (Album Rock, Artiste révélation scène), on a eu le droit à d’autres moments forts et marquants, avec les prestations de M, Pony Pony Run Run, Yodelice et Revolver.
« Vous pouvez faire attention à vos jambes s’il vous plait, il va y avoir du passage » nous dit un assistant de la production. « Huh ? ok ». Haha. Et quel passage ! 2 minutes après, c’est un M déchaîné qui manque de m’écraser les pieds. Déambulant dans les allées du Zénith, il a su rebooster la soirée créant une euphorie générale, en interprétant Mister Mystère issu de l’album éponyme. Revolver s’est aussi démarqué par son énergie, on les a découvert beaucoup plus « rock » que d’habitude, avec un « get around town » plus dynamique, et cela n’est pas plus mal.
Niveau ambiance, on va tenter d’oublier le « joyeux anniversaire » d’une des présentatrices, « La chanson Bagdad » de Delarue qui voulait faire allusion à « Manhattan Kaboul », le gros bide d’Hugues Auffray qui tentait de faire un discours singulier. En revanche resteront ancrés les « putain » à répétition d’Izia et l’hommage émouvant à Bashung.
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-Olivia Ruiz (interprète féminine de l’année/ Vidéo-Clip)
- Pony Pony Run Run (Groupe révélation du public).
- Yodélice (Album révélation).
- Benjamin Biolay ( interprète masculin de l’année/album de l’année).
- Oxmo Puccino (album de musique urbaine).
- Bashung (DVD musical).
- Izia (album rock, révélation scène).
- Birdy Nam Nam (Musique électronique).
- Cœur de Pirate (chanson originale).

dimanche 21 février 2010

FM BELFAST @ Point Ephémère.





Avec des artistes originaires de Reykjavik tout comme Mùm, Sigùr Ros ou encore Bjork, l’Islande confirme son omniprésence sur la scène électro-pop avec la formation Fm Belfast. Leur formation variant de 3 à 8 selon leurs disponibilités, c’est au complet qu’ils se sont produits sur la scène du Point Ephémère dans le cadre du festival « Super, mon Amour » (ha).
Electro pop entraînante et festive, les FM Belfast n’ont pas froid aux yeux. Ils nous offrent un réel spectacle allant de surprise en surprise. C’est tout en entonnant «We are running down the street in our underwear », qu’ils l’illustrent au sens littéral en faisant tomber leur pantalon, finissant ainsi le reste du concert en caleçon. Le public, qui avait déjà été beaucoup sollicité est ensuite invité à les rejoindre sur scène. Absurde de se figurer une vingtaine de personnes sur scène avec les membres du groupe en caleçon, mais dans le bon sens.
Cette absurdité inspire une sensation de laisser aller. Il a été demandé aux spectateurs de tous brandir leur majeur sur « Lotus », reprise customisée de Rage Against The Machine tout en chantant « Fuck You, I won’t do what you tell me », procurant ainsi un certain soulagement. C’est ce que semblait rechercher les membres de FM Belfast, invitant ensuite le public à se lâcher et à danser « as if they were in a rave party ».
Avec des mélodies modulées par le synthé, un rythme entraînant et leurs voix de bisounours, ce concert met inévitablement de bonne humeur, surtout si l’on se retrouve arrosé par une pluie de ballons multicolores..

Myspace :
http://www.myspace.com/fmbelfast

lundi 15 février 2010

Bill Callahan @ Café de la Danse

C’est en plein cœur du quartier de Bastille qu’a eu lieu le concert de Bill Callahan. Le Café de la Danse, bien que pouvant accueillir jusque 500 personnes affichait complet depuis bien longtemps. C'est-à-dire que son dernier album « Sometimes I wish we were an eagle » a beaucoup fait parler de lui. Il affirme bien un nouveau tournant pour la carrière solo du chanteur, ex membre du groupe Smog. Figurant dans les tops albums de l’année 2009 de nombreux blogs musicaux, 19ème meilleur album de l’année selon les inrocks, les journalistes lui dédient un certain nombre d’articles.

Et pour cause, il est excellent. Dès le titre « sometimes i wish we were an eagle », on retrouve une dimension onirique. En tant que verbe « to wish », révélant la volonté d’une autre realité nous projetant dans le « rêve ». Sa chanson « Eid ma clack Shaw » relate l’histoire d’un rêve qu’il a fait « I dreamed the perfect song », et qu’il tente de retranscrire à son réveil « I scribbled it down », menant cependant à un résultat absurde. On retrouve un aspect mélancolique à travers la présence très ancrée d’un piano et d’instruments à cordes tel que le violon. C’est donc un choix assez particulier que d’avoir joué au Café de la Danse dans une formation restreinte accompagné que de sa guitare et de Neil Morgan à la batterie. Cependant, cela ne semblait pas moins percutant, conférant un son plus épuré et laissant une plus grande place à sa voix grave et suffisante. Place encore plus importante donné au chant en ce que, sa voix de baryton interpelle mais également ses paroles et mélodies répétitives « show me the way, show me the way, show me the way » et entraînantes. Bill Callahan reste dans les tons graves en voix pleine, n'effectuant pas de variations ce qui confère une certaine constance à son œuvre. Il peut, par conséquent sembler relativement froid, économisant paroles et sourires, paraissant ainsi plus austère. Les rares paroles émises ne contredisant pas cette impression.
C’est alors que l’on peut se poser la question de la signification de l’aigle dans le titre de l’album, ou de l’oiseau en général faisant l’objet d’une métaphore filée. L’aigle est le roi des oiseaux, celui qui règne en maître et le seul qui peut fixer le soleil sans se brûler les yeux. Compte tenu de son parcours, et de ses débuts, cela pourrait être un objectif à atteindre. On a découvert un Bill Callahan quelque peu rancunier lors de ce passage au Café de la Danse. En effet, au bout de quelques chansons déjà, ses premières paroles étaient « If you think Charlotte Gainsbourg should have done an album with me rather than with that douchebag Beck, clap your hands ». Seules quelques personnes applaudirent, le reste du public étant perplexe. Cette prétendue rivalité m’était inconnue. Ils sont certes tous deux américains, nés à 4 années d’écart seulement, voulaient apparemment tous deux travailler avec Charlotte Gainsbourg, cependant, leurs styles musicaux divergent. Bill Callahan faisait allusion à l’album IRM de Charlotte Gainsbourg sorti le 7 décembre 2009 en collaboration avec Beck qui a d’ailleurs connu un succès certain. Ses autres interventions étaient du même acabit « I was about to say that your clapping did not equal the music », “I was expecting some roses on the stage”, révélant un humour assez sombre et un Bill taquin avec son public. Il a, bien évidemment, mis un certain temps à revenir pour son rappel.

A.D

dimanche 14 février 2010

Devendra Banhart @ Cigale


« My name is Devendra» se présente Devendra Banhart. Bien que la Cigale soit affiché complet depuis bien longtemps, Devendra semble loin de cette notoriété. Non seulement il en vient à se présenter devant son public (qui indéniablement sait qui il est) mais enchaîne «and this is my band : the Grogs» en les mettant sur un même pied d’égalité. En effet, ce soir là l’esprit de groupe était à l’honneur. Couverts de compliments par Devendra « This is a great song written by .. », chacun des membres prendra le micro à un moment donné dans la soirée pour interpréter une de leur compositions. Il faut dire que Devendra est bien accompagné. Y figure notamment Rodrigo Amarante à la basse, chanteur du groupe Little Joy (dont fait partie aussi le batteur des Strokes, Fabrizio Moretti) qui interprétera « Brand New Start » pendant que Devendra le remplacera à la basse. Le fait qu’ils soient donc tous chanteurs explique sûrement le recours un peu trop généreux aux harmonies ce qui ne fait qu’ancrer leur présence. Un moment agréable, certes, mais pas à la hauteur de toutes nos attentes, quant à l'unique concert de Devendra Banhart à Paris.
Devendra offrira néanmoins à son public un moment plus intime de folk, acoustique, où il sera laissé seul sur scène avec sa guitare à jouer quelques anciennes chansons. Il en profite pour faire une reprise de Johnny Thunder « You can’t put your arms around a memory » et certains de ces classiques comme «Little yellow spider » devant un public dont le silence est presque troublant, et qui parrait un tant soit peu frustré de ne pas pouvoir se lacher. Cette séquence serait presque trop longue si ce n’était pour sa voix aux modulations si singulières. C’est la chanson « Seahorse » issue de son album précédent « Smokey rolls down thunder Canyon » qui va faire prendre une différente tournure au concert. En effet, c’était essentiellement des chansons mal connues du public qui étaient interprétées pendant toute cette première partie du concert, soit qu’elles venaient de son dernier album, soit qu’elles constituaient des reprises. Autant la première partie est très calme, autant la seconde est explosive tout comme dans la chanson Seahorse. Avec une folle énergie, Devendra enchaîne de ses chansons les plus entraînantes avec entre autres l’inévitable « Carmencita » bien connu de tous grâce à son clip où figure Natalie Portman. Il fait usage des moindres parties de son corps pour illustrer les variations de la musique, n’hésitant pas à se mettre sur la pointe des pieds ou à s’agenouiller profitant de l’espace qui lui est offert.Le concert atteindra son apogée avec un medley concocté en guise de rappel composé d’un « Chinese Children » et d’un « I feel just like a child ».
Devendra quitte la scène tout en commençant à enlever son teeshirt, les filles commencent à hurler.. On n’en verra rien ; il est déjà dans les coulisses.
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A..D
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Scout Niblett @ Scopitone.


Seule sur scène, elle présentait essentiellement des chansons de son prochain album qui sortira le 19 janvier prochain. « Other questions ? » demande t-elle au public comme un professeur le ferait à ses élèves. Après quelques secondes d’hésitation, des courageux se lancent « What’s the name of the album ? » « The calcination of Scout Niblett » « Why ?! » « Because I feel that i have a .. up in my ass. But it’s not rude!”. Et en effet, malgré les termes employés, cela ne sonne absolument pas vulgaire dans sa bouche. Avec sa petite voix et son rire enfantin, Emma Louise Niblett a, à 36 ans, toutes les caractéristiques d’une petite fille innocente que l’on n’aurait pas envie de gronder. Elle accentue cet aspect par la barrette qu’elle porte dans ses cheveux qui couvrent habituellement son visage, et ses épais collants rouges. Cependant, lorsqu’elle se met à chanter, cette façade s’évapore instantanément et laisse place à une certaine mélancolie, que ce soit dans ses paroles ou sa manière de chanter. Le contraste est d’ailleurs assez marquant lorsque, se mettant à la batterie une unique fois, elle chante « we are all going to die » faisant appel à Lucifer, comme évoquant une certaine vérité, néanmoins fatalité du destin inconnue de l’enfant. La petite fille a disparu, et il ne reste de place que pour l’émotion. L’émotion qui se lit à travers son visage, torturé, ou l’on peut deviner la difficulté des prouesses vocales. Scout choisit de jouer sur la diversité, ce qui fait sa singularité et son talent. Elle passe d’un instrument à l’autre, d’un rythme à l’autre, d’une intensité à l’autre jouant sur la distorsion, du tapping aux accords, d’une voie pleine à une voix de tête, tout cela dans une ambiance intimiste facilitée par le cadre offert par la salle du Scopitone. Elle quitte la scène en toute discrétion avec un bref « good night » qui étonne le public non averti de ce départ précipité. Malgré les cinq bonnes minutes de rappel, elle ne retournera pas sur scène.


A.D




Akron Family @ Point Ephémère.


C’est en bord de Seine qu’Akron Family a décidé de se produire lors de son unique concert à Paris. La salle du point éphémère arborait fièrement, ce qui n’est pas le drapeau des Etats-Unis, mais la couverture du dernier album du groupe ; « Set ‘Em Wild, Set ‘Em Free » qui représente le drapeau américain dont on ne distingue plus les étoiles. Ce sont d’ailleurs essentiellement des chansons de leur dernier album qui ont fait l’objet de ce concert. Si les membres d’akron family ne payent pas de mine (dégaine de beatniks), leur spectacle, lui, en jette. Après avoir ouvert le bal avec une chanson relativement calme dans une ambiance conviviale ( « can you turn the lights down, yeah, a little bit more, that’s it.. »), c’est une réelle tornade qui prend place ensuite. Animé par une telle énergie, le trio enchaîne les morceaux avec de longues séquences d’improvisation qui ne manquent pas d’obtenir l’adhésion du public (et je ne parle pas seulement des fans canadiennes ayant fait le trajet pour les voir, déchaînées). Si ce tourbillon ne manque pas d’emporter tout le public au passage, il n’en demeure pas moins étonnant. Ce mélange des genres, sorte de « folk pop tribal électronique », recouvert d’harmonies parfaitement maîtrisées, qui fait leur particularité, transporte sans nous en donner la direction. On assiste à un réel empilage de sonorités toutes aussi variées soient elles, cela atteignant son apogée lors du medley avec leur compagnon de route, le groupe Megafaun. Mais cela importe peu, on est convaincu. En somme, un joyeux bordel.


A.D