dimanche 21 février 2010

FM BELFAST @ Point Ephémère.





Avec des artistes originaires de Reykjavik tout comme Mùm, Sigùr Ros ou encore Bjork, l’Islande confirme son omniprésence sur la scène électro-pop avec la formation Fm Belfast. Leur formation variant de 3 à 8 selon leurs disponibilités, c’est au complet qu’ils se sont produits sur la scène du Point Ephémère dans le cadre du festival « Super, mon Amour » (ha).
Electro pop entraînante et festive, les FM Belfast n’ont pas froid aux yeux. Ils nous offrent un réel spectacle allant de surprise en surprise. C’est tout en entonnant «We are running down the street in our underwear », qu’ils l’illustrent au sens littéral en faisant tomber leur pantalon, finissant ainsi le reste du concert en caleçon. Le public, qui avait déjà été beaucoup sollicité est ensuite invité à les rejoindre sur scène. Absurde de se figurer une vingtaine de personnes sur scène avec les membres du groupe en caleçon, mais dans le bon sens.
Cette absurdité inspire une sensation de laisser aller. Il a été demandé aux spectateurs de tous brandir leur majeur sur « Lotus », reprise customisée de Rage Against The Machine tout en chantant « Fuck You, I won’t do what you tell me », procurant ainsi un certain soulagement. C’est ce que semblait rechercher les membres de FM Belfast, invitant ensuite le public à se lâcher et à danser « as if they were in a rave party ».
Avec des mélodies modulées par le synthé, un rythme entraînant et leurs voix de bisounours, ce concert met inévitablement de bonne humeur, surtout si l’on se retrouve arrosé par une pluie de ballons multicolores..

Myspace :
http://www.myspace.com/fmbelfast

lundi 15 février 2010

Bill Callahan @ Café de la Danse

C’est en plein cœur du quartier de Bastille qu’a eu lieu le concert de Bill Callahan. Le Café de la Danse, bien que pouvant accueillir jusque 500 personnes affichait complet depuis bien longtemps. C'est-à-dire que son dernier album « Sometimes I wish we were an eagle » a beaucoup fait parler de lui. Il affirme bien un nouveau tournant pour la carrière solo du chanteur, ex membre du groupe Smog. Figurant dans les tops albums de l’année 2009 de nombreux blogs musicaux, 19ème meilleur album de l’année selon les inrocks, les journalistes lui dédient un certain nombre d’articles.

Et pour cause, il est excellent. Dès le titre « sometimes i wish we were an eagle », on retrouve une dimension onirique. En tant que verbe « to wish », révélant la volonté d’une autre realité nous projetant dans le « rêve ». Sa chanson « Eid ma clack Shaw » relate l’histoire d’un rêve qu’il a fait « I dreamed the perfect song », et qu’il tente de retranscrire à son réveil « I scribbled it down », menant cependant à un résultat absurde. On retrouve un aspect mélancolique à travers la présence très ancrée d’un piano et d’instruments à cordes tel que le violon. C’est donc un choix assez particulier que d’avoir joué au Café de la Danse dans une formation restreinte accompagné que de sa guitare et de Neil Morgan à la batterie. Cependant, cela ne semblait pas moins percutant, conférant un son plus épuré et laissant une plus grande place à sa voix grave et suffisante. Place encore plus importante donné au chant en ce que, sa voix de baryton interpelle mais également ses paroles et mélodies répétitives « show me the way, show me the way, show me the way » et entraînantes. Bill Callahan reste dans les tons graves en voix pleine, n'effectuant pas de variations ce qui confère une certaine constance à son œuvre. Il peut, par conséquent sembler relativement froid, économisant paroles et sourires, paraissant ainsi plus austère. Les rares paroles émises ne contredisant pas cette impression.
C’est alors que l’on peut se poser la question de la signification de l’aigle dans le titre de l’album, ou de l’oiseau en général faisant l’objet d’une métaphore filée. L’aigle est le roi des oiseaux, celui qui règne en maître et le seul qui peut fixer le soleil sans se brûler les yeux. Compte tenu de son parcours, et de ses débuts, cela pourrait être un objectif à atteindre. On a découvert un Bill Callahan quelque peu rancunier lors de ce passage au Café de la Danse. En effet, au bout de quelques chansons déjà, ses premières paroles étaient « If you think Charlotte Gainsbourg should have done an album with me rather than with that douchebag Beck, clap your hands ». Seules quelques personnes applaudirent, le reste du public étant perplexe. Cette prétendue rivalité m’était inconnue. Ils sont certes tous deux américains, nés à 4 années d’écart seulement, voulaient apparemment tous deux travailler avec Charlotte Gainsbourg, cependant, leurs styles musicaux divergent. Bill Callahan faisait allusion à l’album IRM de Charlotte Gainsbourg sorti le 7 décembre 2009 en collaboration avec Beck qui a d’ailleurs connu un succès certain. Ses autres interventions étaient du même acabit « I was about to say that your clapping did not equal the music », “I was expecting some roses on the stage”, révélant un humour assez sombre et un Bill taquin avec son public. Il a, bien évidemment, mis un certain temps à revenir pour son rappel.

A.D

dimanche 14 février 2010

Devendra Banhart @ Cigale


« My name is Devendra» se présente Devendra Banhart. Bien que la Cigale soit affiché complet depuis bien longtemps, Devendra semble loin de cette notoriété. Non seulement il en vient à se présenter devant son public (qui indéniablement sait qui il est) mais enchaîne «and this is my band : the Grogs» en les mettant sur un même pied d’égalité. En effet, ce soir là l’esprit de groupe était à l’honneur. Couverts de compliments par Devendra « This is a great song written by .. », chacun des membres prendra le micro à un moment donné dans la soirée pour interpréter une de leur compositions. Il faut dire que Devendra est bien accompagné. Y figure notamment Rodrigo Amarante à la basse, chanteur du groupe Little Joy (dont fait partie aussi le batteur des Strokes, Fabrizio Moretti) qui interprétera « Brand New Start » pendant que Devendra le remplacera à la basse. Le fait qu’ils soient donc tous chanteurs explique sûrement le recours un peu trop généreux aux harmonies ce qui ne fait qu’ancrer leur présence. Un moment agréable, certes, mais pas à la hauteur de toutes nos attentes, quant à l'unique concert de Devendra Banhart à Paris.
Devendra offrira néanmoins à son public un moment plus intime de folk, acoustique, où il sera laissé seul sur scène avec sa guitare à jouer quelques anciennes chansons. Il en profite pour faire une reprise de Johnny Thunder « You can’t put your arms around a memory » et certains de ces classiques comme «Little yellow spider » devant un public dont le silence est presque troublant, et qui parrait un tant soit peu frustré de ne pas pouvoir se lacher. Cette séquence serait presque trop longue si ce n’était pour sa voix aux modulations si singulières. C’est la chanson « Seahorse » issue de son album précédent « Smokey rolls down thunder Canyon » qui va faire prendre une différente tournure au concert. En effet, c’était essentiellement des chansons mal connues du public qui étaient interprétées pendant toute cette première partie du concert, soit qu’elles venaient de son dernier album, soit qu’elles constituaient des reprises. Autant la première partie est très calme, autant la seconde est explosive tout comme dans la chanson Seahorse. Avec une folle énergie, Devendra enchaîne de ses chansons les plus entraînantes avec entre autres l’inévitable « Carmencita » bien connu de tous grâce à son clip où figure Natalie Portman. Il fait usage des moindres parties de son corps pour illustrer les variations de la musique, n’hésitant pas à se mettre sur la pointe des pieds ou à s’agenouiller profitant de l’espace qui lui est offert.Le concert atteindra son apogée avec un medley concocté en guise de rappel composé d’un « Chinese Children » et d’un « I feel just like a child ».
Devendra quitte la scène tout en commençant à enlever son teeshirt, les filles commencent à hurler.. On n’en verra rien ; il est déjà dans les coulisses.
.
.
A..D
.

Scout Niblett @ Scopitone.


Seule sur scène, elle présentait essentiellement des chansons de son prochain album qui sortira le 19 janvier prochain. « Other questions ? » demande t-elle au public comme un professeur le ferait à ses élèves. Après quelques secondes d’hésitation, des courageux se lancent « What’s the name of the album ? » « The calcination of Scout Niblett » « Why ?! » « Because I feel that i have a .. up in my ass. But it’s not rude!”. Et en effet, malgré les termes employés, cela ne sonne absolument pas vulgaire dans sa bouche. Avec sa petite voix et son rire enfantin, Emma Louise Niblett a, à 36 ans, toutes les caractéristiques d’une petite fille innocente que l’on n’aurait pas envie de gronder. Elle accentue cet aspect par la barrette qu’elle porte dans ses cheveux qui couvrent habituellement son visage, et ses épais collants rouges. Cependant, lorsqu’elle se met à chanter, cette façade s’évapore instantanément et laisse place à une certaine mélancolie, que ce soit dans ses paroles ou sa manière de chanter. Le contraste est d’ailleurs assez marquant lorsque, se mettant à la batterie une unique fois, elle chante « we are all going to die » faisant appel à Lucifer, comme évoquant une certaine vérité, néanmoins fatalité du destin inconnue de l’enfant. La petite fille a disparu, et il ne reste de place que pour l’émotion. L’émotion qui se lit à travers son visage, torturé, ou l’on peut deviner la difficulté des prouesses vocales. Scout choisit de jouer sur la diversité, ce qui fait sa singularité et son talent. Elle passe d’un instrument à l’autre, d’un rythme à l’autre, d’une intensité à l’autre jouant sur la distorsion, du tapping aux accords, d’une voie pleine à une voix de tête, tout cela dans une ambiance intimiste facilitée par le cadre offert par la salle du Scopitone. Elle quitte la scène en toute discrétion avec un bref « good night » qui étonne le public non averti de ce départ précipité. Malgré les cinq bonnes minutes de rappel, elle ne retournera pas sur scène.


A.D




Akron Family @ Point Ephémère.


C’est en bord de Seine qu’Akron Family a décidé de se produire lors de son unique concert à Paris. La salle du point éphémère arborait fièrement, ce qui n’est pas le drapeau des Etats-Unis, mais la couverture du dernier album du groupe ; « Set ‘Em Wild, Set ‘Em Free » qui représente le drapeau américain dont on ne distingue plus les étoiles. Ce sont d’ailleurs essentiellement des chansons de leur dernier album qui ont fait l’objet de ce concert. Si les membres d’akron family ne payent pas de mine (dégaine de beatniks), leur spectacle, lui, en jette. Après avoir ouvert le bal avec une chanson relativement calme dans une ambiance conviviale ( « can you turn the lights down, yeah, a little bit more, that’s it.. »), c’est une réelle tornade qui prend place ensuite. Animé par une telle énergie, le trio enchaîne les morceaux avec de longues séquences d’improvisation qui ne manquent pas d’obtenir l’adhésion du public (et je ne parle pas seulement des fans canadiennes ayant fait le trajet pour les voir, déchaînées). Si ce tourbillon ne manque pas d’emporter tout le public au passage, il n’en demeure pas moins étonnant. Ce mélange des genres, sorte de « folk pop tribal électronique », recouvert d’harmonies parfaitement maîtrisées, qui fait leur particularité, transporte sans nous en donner la direction. On assiste à un réel empilage de sonorités toutes aussi variées soient elles, cela atteignant son apogée lors du medley avec leur compagnon de route, le groupe Megafaun. Mais cela importe peu, on est convaincu. En somme, un joyeux bordel.


A.D